Photos du Pérou

Depuis que nous sommes en Amérique Latine, nous sommes contraints de suivre un rythme assez rapide, celui imposé par notre agence, Terra Andina, dans son programme qui a pour vocation de nous faire découvrir un maximum de choses dans les quatre semaines que nous passons dans la région andine.

Résultat des courses : je suis fatigué et n’ai plus vraiment le temps de raconter toutes nos petites histoires, et il y en a. Ajoutez à cela le mal des montagnes, le sorroche, qui nous a fortement diminués pendant quelques jours et vous comprendrez que j’ai décidé de reprendre le récit un peu plus tard, à tête reposée.

Cela ne m’empêche pas cependant de prendre des photos, de les classer, sauvegarder, et travailler un peu, et, pour vous faire patienter un peu en attendant la suite, j’en ai posté quelques unes du Pérou que vous trouverez, comme d’habitude, dans la rubrique « galeries ».

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Pérou (première partie : Lima)

Sur l’écran de l’avion, je vois que nous approchons du Pérou. D’ailleurs l’hôtesse a fait une annonce disant que nous allions bientôt atterrir, mais par le hublot, rien. Cela fait drôle d’avoir volé cinq heures sans ne rien voir que de l’eau, puis la nuit. Puis tout à coup des lumières, beaucoup de lumières, presque aussi loin que porte l’oeil. Juste après avoir vu pour la première fois ces lumières, nous nous posons. L’aéroport Jorge Chavez se trouve en bord d’océan, dans une banlieue de Lima qui s’appelle Callao et qui est également le grand port de la ville.

On m’avait mis en garde : la récupération des bagages et les formalités d’immigration peuvent être très longues à Lima, car beaucoup d’avions gros porteurs arrivent en même temps, tard le soir. Je crains le pire, du genre deux heures d’attente, mais j’ai juste le temps d’engager la conversation avec un argentin dans la queue que c’est notre tour et l’officier d’immigration, fort gentiment, nous souhaite « bienvenidos a Peru ». Pour les bagages , cela va également vite et nous voici bientôt pris en charge par Patricia et Johann, de l’agence Terra Andina (des pros) qui a organisé la partie sud-américaine de notre périple, qui nous mènent à notre navette.

Nous voilà en route pour l’hôtel dans une moiteur sub-tropicale que nous n’avions pas connue depuis Tahiti. Notre première impression de Lima c’est que c’est vraiment la pagaïe. C’est très grand, construit apparemment sans trop de planification et la circulation automobile est anarchique. Pour rien au monde, je ne voudrais conduire ici : le klaxon est roi et l' »intermitente » (clignotant) d’un usage plus que sporadique. Bien qu’il fasse nuit, nous comprenons tout de suite que nous sommes revenus dans un pays en voie de développement : les rues sont mal éclairées, les trottoirs pas très nets et les constructions à l’avenant

L’accueil à l’hôtel est sympathique mais nous sommes fatigués et n’avons pas envie de papoter avec qui que ce soit. Allez, vite, au dodo. Demain nous avons quartier libre mais après le programme sera serré et … très en altitude. Il faut donc prendre des forces.

Lima

2 avril

Petit déjeuner avalé, nous voici dehors. Notre hôtel est dans le quartier de Miraflorès, le plus moderne de la ville. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas vu une telle animation, Sydney ou Melbourne peut-être, et encore. Lima est une  ville très vivante, très bruyante mais plutôt bon enfant, du moins d’après ce que nous en voyons.

On nous a en effet sérieusement mis en garde sur les questions de sécurité. Cette ville peut être dangereuse et il n’est pas recommandé aux touristes de se promener seuls la nuit et même de jour à part dans des quartiers assez surveillés tels que le centre historique et Miraflorès où nous trouvons. En effet il y a là pas mal de policiers bien que certains n’aient pas l’air très opérationnels comme en témoigne la photo ci-contre.

La première chose à faire est de récupérer un peu de cash car nous n’avons pas eu le temps de le faire la veille au soir, à l’aéroport. Puis nous nous baladons dans Miraflorès. La température est agréable et il y a un petit vent qui fait du bien. Malheureusement, le soleil se charge de nous rappeler que nous ne sommes pas très loin de l’équateur. Il tape le bougre et à midi il se trouve presque à la verticale.

La population est très mélangée : on voit des personnes au type purement européen et d’autres au type indigène. Ici, contrairement à chez nous, le mot « indigeno » est politiquement correct contrairement à « indio » qui lui est péjoratif. Mais la grande majorité sont des « criollos » c’est à dire qu’ils se situent quelque part entre les deux extrêmes.

Nos pas nous mènent via l’Avenida Larco jusqu’au front de mer, ou plutôt jusqu’à la falaise qui domine l’océan, où a été construit un centre commercial de prestige, le Larcomar, qui est la vitrine de la capitale. Ce n’est pas immense par rapport aux standards européens ou nord-américains mais c’est plutôt bien conçu avec une place centrale en plein air et des galeries ombragées tout autour où se trouvent des commerces variés. Il y a en particulier quelques boutiques d’artisanat de haute qualité. De tous les pays que nous avons visités au cours de ce voyage autour du monde, le Pérou est de très loin celui dont l’artisanat est le plus riche, le plus varié et du meilleur goût. Ce qui domine ce sont les textiles avec les laines d’alpaga ou encore de vigogne et bien sûr les bijoux. N’oublions pas que nous sommes ici au pays de l’or des Incas. Pour ceux qui ne l’auraient jamais vu, je conseille de se procurer un DVD ou une cassette du film de Werner Herzog, « Aguirre ou la colère de Dieu » qui décrit bien la folie des colonisateurs espagnols dans leur recherche de l’Eldorado.

Nous décidons de déjeuner dans un restaurant qui dispose d’une terrasse dominant l’Océan Pacifique. je me régale d’un aji de gallina qui est une sorte de poulet au piment, assez relevé, servi avec du riz. La cuisine péruvienne est réputée comme étant la meilleure d’Amérique Latine et nombre de chefs locaux ont ouvert des restaurants un peu partout sur le continent et en particulier dans la riche Santiago du Chili.

La terrasse est en bord de falaise et domine une plage de galets qui en est séparée par une route assez fréquentée. Ce qui est très frappant c’est que devant cette plage, qui dispose d’un grand parking, ne sont garées qu’une demi-douzaine de voitures et qu’il n’y a guère qu’une vingtaine de personnes sur la plage. Pour une agglomération de près de 9 millions d’habitants, cela semble ridicule. Que serait-ce à Paris ? Je ne m’explique pas ce phénomène. Est-ce dû à la température de l’eau (15° C) ou au fait qu’il y relativement peu de voitures particulières ici ? Mystère.

Après déjeuner nous continuons à nous promener avant de retourner à l’hôtel, non sans avoir fait une visite dans un des premiers supermarchés du Pérou, Plaza Véa, qui se trouve à trois cuadras (équivalent du block américain) de notre hôtel dans la Avenida Petit Thouars.

Il est toujours intéressant, quand on est à l’étranger, d’aller visiter un supermarché. Cela vous en apprend beaucoup sur le mode de vie et les préoccupations de ses habitants : ici beaucoup de poisson, de riz, d’eau minérale, de « junk food » et de sodas à l’américaine et de fruits, tout cela bon marché. Le plus énigmatique est le Inca Kola, la plus consommée des boissons non alcoolisées, appartenant au groupe Coca Cola et qu’un je ne sais quoi m’a empêché de goûter. Peut-être sa couleur … d’urine !

En rentrant à l’hôtel, vers 18 H 30, alors qu’il fait déjà nuit, nous sommes confrontés à des embouteillages monstrueux. Ici, le piéton n’est pas le roi, loin s’en faut. Il tient plutôt potentiellement le rôle de victime collatérale dans les affrontements machistes qui opposent entre eux les conducteurs de Lima. Une seule loi : la loi de la jungle. Quelle horreur ! Taxis, voitures individuelles, bus, combis (petits bus collectifs où s’entassent littéralement des dizaines de personnes), camionnettes, 4×4, tricycles, tout ce petit monde se livre à un combat sans merci dans un concert de klaxons et de coups de freins, mais curieusement sans insultes ni invectives.

A l’hôtel, il nous faut reprendre des forces car demain nous attend une épreuve que je redoute, celle de l’altitude. Nous quitterons en effet Lima pour Cuzco et passerons de 0 à 3500 m d’altitude en une heure de temps. Un choc en perpective.

Pour ceux qui souhaitent creuser un peu leurs connaissances sur le Pérou et plus particulièrement sur la vie à Lima, au-delà de l’aspect anecdotique et subjectif de ce que je viens d’écrire, je recommande la lecture de la traduction française de ce blog italien à destination des expatriés.

Hasta luego

PS : Petit clin d’oeil pré-électoral

Île de Pâques (Rapa Nui) …. suite et fin

Hanga Roa

27 et 28 mars

Donc j’ai perdu ma carte de crédit visa ! Ainsi s’est terminé mon dernier post : par un suspense insoutenable. Tel une série policière américaine, ce blog c’est arrêté brutalement, au moment d’une révélation angoissante et ce juste avant la pause publicité. sauf que dans notre cas la pause pub a été remplacée par une pause photos 🙂

Il fait nuit, nous venons de rentrer à l’hôtel, crevés, et plus de carte de crédit. En général je ne perds quelque chose d’important que tous les 10 – 15 ans (la dernière fois c’était en 2000, en Egypte, où j’avais perdu mon passeport, vite retrouvé d’ailleurs et mon ami Pascal, s’il lit ces lignes, doit encore en rire) et il faut que cela arrive maintenant, à l’île de Pâques !

Après avoir fouillé et refouillé toutes mes affaires, nous essayons de réfléchir à la situation et à ce qu’il y a lieu de faire : il va falloir essayer de la retrouver, puis faire opposition pour éviter que quelqu’un ne trouve la carte et ne l’utilise bien que je ne sois pas trop inquiet car la criminalité est très faible ici (on est sur une île avec un seul aéroport et un bateau par mois, un criminel est vite retrouvé !).

Et puis la situation n’est pas désespérée : j’ai toujours ma carte American Express que je n’utilise jamais mais qui me sert de roue de secours et Gaby a de son côté sa Visa et une carte Carrefour qui, vérification faite, permet des retraits et des paiements à l’étranger. Mais ces cartes ont des plafonds d’utilisation plutôt faibles et si on ne retrouve pas ma carte, il va falloir jongler.

Très fatigué et me disant que la nuit porte conseil, je n’ai qu’une envie : me coucher. Gaby, quant à elle, est nerveuse et impatiente. Il lui faut agir de suite et elle décide de repartir sur nos pas rechercher cette satanée carte bien que je lui fasse remarquer que cela ne sert sans doute à rien car il fait nuit noire et l’éclairage public sur l’île est symbolique. Au surplus nous avons bien marché deux kilomètres depuis que j’ai fait un retrait réussi avec cette carte. Je décide de rester.

Une heure plus tard, Gaby revient, bredouille. Nous nous couchons. Le lendemain matin, j’adresse un email à AxaBanque, ma banque, pour faire opposition sur cette carte et nous demandons conseil à Daniela à la réception de l’hôtel. Elle nous informe que si la carte est retrouvée, un message passera à coup sûr sur la radio de l’île.

Nous décidons de retourner à la Banque Santander pour voir si par hasard je n’aurai pas oublié la carte dans le distributeur puis d’aller signaler sa disparition à la police locale.

Nous sommes bien reçus à la Banque mais on nous informe que le distributeur n’est pas ouvert tous les jours et qu’il nous faudra repasser le lendemain.

Retour à l’hôtel où je vois dans mes emails que la banque a bien fait opposition. Ils sont rapides et efficaces. Mais ils ont également le sens du commerce et je ne réside pas à la tentation de reproduire ici la teneur de cet eMail. C’est manifestement, à la banque, la semaine où il faut pousser l’ouverture des plans épargne logement et sur le coup je suis révolté par cette manière de traiter un client qui a un problème  manifestement différent d’un financement immobilier !

C’est l’heure de déjeuner et nous trouvons un petit restaurant assez sympathique où nous déjeunons (j’ai quand même 60.000 pesos en poche) mais où cette histoire de carte nous empêche d’apprécier pleinement ce qui nous est servi.

Le repas terminé, nous partons pour le bureau des carabinieros pour signaler la perte ce qui pourra nous être utile par la suite et pour leur demander si, par hasard, la carte ne leur a pas été rapportée. On nous a indiqué l’adresse en nous disant que c’était loin mais en regardant le plan, cela n’a pas l’air si terrible que cela : c’est juste de l’autre côté de la piste de l’aéroport qui comme je vous l’ai déjà dit est presque en ville.

En chemin nous tombons sur le steward le la LAN avec qui j’avais sympathisé. Il a l’air d’habiter sur l’île. Nous lui racontons notre histoire, il compatit. Nous échangeons deux ou trois blagues et nous voilà repartis. Ce n’est pas que ce soit vraiment loin mais ce n’est pas tout près non plus et à 14 H, le soleil est presque à la verticale et Dieu qu’il tape.

Arrivés chez les carabinieros, nous sommes reçus par une jeune et charmante carabinière qui ne parle pas vraiment l’anglais mais j’arrive à me débrouiller en espagnol (merci Chelo !). Elle sort la petite boite où sont conservés les cartes et papiers importants retrouvés sur l’île. A vue d’oeil, il y a là une centaines de cartes de crédit, de cartes d’identité et même de passeports qui sont conservés là sans limite de temps, mais pas ma Visa. Je demande donc à faire une déclaration de perte mais ici c’est plutôt une sorte de main courante qu’ils appellent « contesta ». La carabinière n’est pas une virtuose du traitement de texte mais est pleine de bonne volonté. Au bout d’un quart d’heure, c’est bouclé et nous repartons avec une photocopie du document dûment tamponné : une copie originale suppose en effet la signature du chef de service qui justement n’est pas là. Cela me rappelle un peu le notariat 🙂

Entre temps, nous avons bien réfléchi à la question et nous sommes dit qu’au pire nous pourrions sans doute terminer le voyage sans cette carte et sans trop de difficulté ce qui ne nous empêchera pas d’aller rendre visite à la Banque Santander. Mais rien ne presse, l’opposition étant faite, et nous abandonnons l’idée de faire refaire une carte en urgence car où nous la faire livrer. Dans les six semaines qui restent pour boucler le tour du monde, nous ne passerons pas plus de deux nuits au même endroit et les délais de fabrication et d’acheminement d’une carte de secours ne peuvent être déterminés avec précision.

Nous décidons donc de reprendre nos activités de voyageurs là où nous les avons laissées et, par l’intermédiaire de l’hôtel, réservons pour le lendemain une excursion d’une journée pour aller voir, en groupe et avec un guide, les poins de l’île les plus dignes d’intérêt.

A la découverte de l’île

29 mars

Neuf heures tapantes un minibus que je qualifierais d’antique vient nous chercher à l’hôtel pour l’excursion. Il y a déjà une demi-douzaine de personnes à bord et nous comprenons vite que notre excursion se fera en compagnie des occupants d’un autre mini-bus, vieux mais pas antique celui-là, où se trouve la guide.

Nous partons en direction du volcan Rano Raraku qui se trouve à l’est de l’île et où se trouve la carrière où étaient taillés les moais. La route est asphaltée mais dans le même état que le mini-bus c’est à dire fatiguée. Heureusement, ce n’est pas loin, un quart d’heure tout au plus. Arrivés à l’entrée du Parc National abritant l’ancien volcan nous devons acheter nos billets d’entrée qui sont valables pour tous les parcs de l’île. Les chiliens ne s’embarrassent pas des questions de discrimination et, tout à fait officiellement, font payer les étrangers (même pauvres) trois fois plus cher que les nationaux. Cela me choque profondément, pas pour des raisons financières, mais pour le principe même si je peux comprendre les motivations qui motivent cette façon d’agir.

Mais revenons au site. Il est impressionnant : les anciens Rapa Nui taillaient les moais, représentation des ancêtres déifiés,  directement sur place, en position horizontale, dans une pierre volcanique assez tendre, puis les levaient et les faisaient rouler sur des troncs d’arbre jusqu’à leur destination finale. La roche étant tendre et fragile, les moais se brisaient souvent pendant le processus.

Il y en a là des centaines dans différents stades d’avancement, de l’ébauche à la statue dressée.

Rano Raraku était la seule carrière utilisée et, compte tenu de son caractère sacré, elle était partagée entre les différentes tribus de l’île même quand ces dernières étaient en conflit.

Des chercheurs ont estimé qu’il fallait entre six mois et un an pour réaliser un moai et que onze artisans étaient mobilisés simultanément pour y parvenir. Les moais mesurent de 3m à 9m et pèsent jusqu’à 80 tonnes pour les plus imposants. La réalisation de ces statues représentait une des activités principales sur l’île sachant que la nature était assez généreuse et que nourrir la population présentait par ailleurs pas trop de difficulté, du moins pendant les premiers siècles ayant suivi l’arrivée des Rapa Nui que la majorité des chercheurs situe au 9ème ou 10ème après  JC.

Les moais se trouvent donc partout sur l’île, posés sur des tumulus sacrés appelés Ahu, isolés ou en groupes, tournant le dos à l’océan (sauf une exception). Il y en a en ville, près du port à Hanga Roa, et on en aperçoit presque dans tous les recoins, même à l’aéroport, bien que je soupçonne ce dernier d’être une copie.

Mais le site le plus impressionnant et le plus connu est celui de Tongariki, sur la côte sud, où nous mène ensuite notre excursion et où pas moins de quinze moais sont alignés, dos à l’océan.

Si vous regardez la photo, vous vous apercevrez que le deuxième moai à partir de la droite porte une sorte de pierre rouge au-dessus de la tête, le pukao venant d’une autre carrière, celle de Puna Pau,, qui ne représente pas un chapeau, nous explique la guide, mais plutôt les cheveux des Rapa Nui remontés en chignon au-dessus de la tête.

L’histoire des Rapa Nui est assez mystérieuse. On est maintenant presque certain qu’ils étaient arrivés de Polynésie et non d’Amérique Latine malgré la théorie avancée dans les années 1950 par Thor Heyerdahl, chercheur norvégien, qui avait réalisé un radeau sur lequel il avait effectué la traversée vers l’île de Pâques de l’est vers l’ouest . Le Rapa Nui (le terme désigne l’île, ses habitants et leur langue) est une langue polynésienne et notre chauffeur-guide de Tahiti, William, nous avait indiqué qu’il comprenait certains mots de cette langue. Mais apparemment cette dernière est apparentée à la langue parlée aujourd’hui à Mangareva, dans l’archipel des Gambier en Polynésie Française, ces deux langues partageant 80% de leur vocabulaire.

Dans la tradition polynésienne, quand une île est devenue trop petite pour nourrir ses habitants, ces derniers se séparent et une partie d’entre eux quitte les lieux pour aller coloniser une autre île.

C’est sans doute ce qui a du se passer pour l’île de Pâques, le grand voyage ayant vraisemblablement été initié vers Mangareva après que des éclaireurs aient été envoyés vers Rapa Nui pour vérifier qu’elle était bien susceptible d’être colonisée. Un site, celui de A Kivi, abrite d’ailleurs une série de Moais dont la tradition orale raconte qu’ils représentent ces éclaireurs.

On a peine à imaginer ce que représentaient ces migrations faites sur des centaines de kilomètres par des bateaux, sans doute des catamarans, emportant tout ce qui était nécessaire pour réussir une colonisation (hommes, femmes, enfants, bétail, outils, vivres …). Ce qui est certain c’est que l’opération devait être longuement préparée à l’avance.

Cette colonisation a été un succès, sans doute parce l’île était riche : eau abondante, végétation nourricière, eaux poissonneuses, la population était à l’abri du besoin et a pu se consacrer à l’édification des moais tout en croissant jusqu’à atteindre 15.000 habitants soit trois fois la population actuelle.

Y-a-t-il eu un cataclysme, une modification climatique, nul ne le sait à ce jour, mais il semble qu’à un moment (le 17ème siècle) l’île a connu une surpopulation et une crise environnementale majeure. Les tribus se sont livrées à des guerres meurtrières et certains chercheurs évoquent même le cannibalisme. L’île qui était boisée lors de la colonisation était devenue presque nue ce qui ne permettait plus de fabriquer des bateaux destinés soit à la pêche soit à un nouveau grand voyage.

C’est dans cet état que les premiers navigateurs européens découvrirent l’île : les Rapa Nui étaient alors misérables, avaient abandonné l’édification des moais dont des centaines sont restés « en plan » et avaient même modifié leur religion, le contact avec les ancêtres n’étant plus réalisé au travers des moais mais par l’intermédiaire d’hommes vivants sélectionnés après une compétition.

Après avoir passé un moment à Tongariki, notre mini-bus nous ramène déjeuner en ville autour d’un buffet. C’est l’occasion de faire un peu plus connaissance avec les autres membres du groupe dont un canadien sympa et un pharmacien polonais célibataire qui consacre tout son temps libre et tout son argent à voyager de par le monde en compagnie de sa mère, une dame âgée d’au moins 75 ans. La liste des endroits qu’il a visités est impressionnante. Il a même été dans la péninsule de Mussandam (sultanat d’Oman) avec ses fjords désertiques où aucune de mes connaissances n’avait jamais été.

L’après-midi est plus cool, nous partons à Anakena, sur la côte nord, qui abrite, bien sûr quelques moais mais surtout la seule plage de sable de l’île qui a un vrai aspect « mer du sud » puis retour, diner et dodo.

Où l’on reparle de la carte Visa

30 mars

Aujourd’hui nous avons décidé, par acquit de conscience, d’aller faire un tour à la Banque Santander pour voir si par hasard ma carte de crédit n’y serait pas. Je tends mon passeport, attends quelques minutes et voici qu’apparaît, souriante, l’employée tenant dans la main le fameux bout de plastique. Je pourrais l’embrasser mais me contente de signer une décharge et de récupérer ma carte.

Les problèmes sont réglés. Il ne reste plus qu’à envoyer un petit eMail à la banque pour lever l’opposition ce que je fais immédiatement. Et là c’est la douche froide : quelques minutes plus tard je reçois un message m’indiquant qu’il n’est pas possible de lever l’opposition et qu’il me faut demander une nouvelle carte suivant une procédure d’urgence. Je l’ai pourtant là, sous les yeux, et je ne comprends pas.

Je reprends la plume, ou plutôt le clavier de mon MacBookAir et aligne les arguments : client fidèle, impossibilité matérielle de me faire délivrer une nouvelle carte pendant voyage autour du monde, menace voilée de changement de crèmerie, sentiment de honte et de culpabilité de m’avoir envoyé le message quasi-indécent reproduit ci-dessus, etc…

Rien n’y fait. Un autre employé d’AxaBanque, le troisième me réitère leur refus de lever l’opposition sans aucune explication. Il va falloir que je me renseigne dès mon retour pour changer de banque.

Mais ne nous laissons pas gâcher le voyage . En ballade, nous rencontrons à nouveau notre steward de LAN et je lui dit que j’espère beaucoup qu’il nous accompagnera dans deux jours sur le vol pour Lima. Il m’apprend qu’il vit sur l’île et fait l’aller-retour Papeete une fois par semaine. Le reste du temps, il tient une boutique où il vend, très paisiblement, des CD et des DVD, sans doute en sirotant des Pisco Sour 🙂 La belle vie.

Il nous reste deux jours. Nous continuons à nous promener pédestrement et décidons que le lendemain nous louerons une voiture pour explorer ce qui doit encore l’être.

La vie ici est cool. Il n’y a pas de pression. Les gens ne cherchent pas à frimer. Comme il n’y a pas de magasins de chaussures ou de vêtements (du moins je n’en ai pas vu) la mode n’a pas beaucoup d’impact ici. Beaucoup d’hommes portent les cheveux longs, non pas pour faire Beatle, mais pourquoi les couper ? Aucun chef de service ne vous fera de remarque. On circule à pied, en vélo, en moto, en taxi ou dans des voitures particulières peu nombreuses dont bien peu sont au goût du jour.

Les maisons sont généralement petites, peintes dans des couleurs vives, avec des toits en tôle ondulée, et les jardins ne sont pratiquement jamais entretenus. Cela ne semble pas avoir d’importance.

Par contre les habitants prennent leur temps, s’arrêtent facilement dans la rue pour discuter entre eux et ne semblent pas, mais pas du tout stressés. Le confort matériel est bien sûr présent mais ne semble pas du tout être la préoccupation principale des iliens. Cela participe de la « magie » de l’île tout comme le temps qui change sans arrêt mais qui n’est jamais extrême.

Une seule chose est désagréable : la relative cherté de la vie. C’est pratiquement le même niveau qu’en France pour une qualité généralement inférieure mais il faut sans doute mettre cela sur le compte de l’éloignement et du coût du transport un peu à l’image de la Corse.

Dernier tour de l’île

31 mars

Pour louer une voiture nous nous adressons à Daniela, à l’hôtel. Apparemment l’hôtel loue des voitures, des petites Suzuki hautes sur pattes pour affronter le bitume souvent défoncé de l’île et ses pistes nom moins défoncées. Cela nous convient mais le prix demandé, 35.000 pesos soit 53 € beaucoup moins d’autant plus que j’ai lu sur Wikitravel (excellent site surtout sa version anglaise plus riche) que la norme était de 20.000 pesos pour 8 H. Daniela s’éloigne et fait mine de discuter avec son patron. Elle revient, c’est gagné, 20.000 pesos et me voilà au volant.

Nous passons l’aéroport et prenons la piste qui mène au volcan Rano Kau et au site d’Oronge à la pointe sud-ouest de l’île. Il est assez tôt ce qui fait que nous sommes les seuls sur place. Le volcan, et surtout son cratère, sont impressionnants. Il est possible d’en faire le tour mais cela est assez dangereux.

Par contre, le site d’Orongo est sans danger et passionnant. Il s’agit des minuscules maisons de pierre où se préparaient les candidats à la nomination au titre d’homme oiseau. La compétition consistait à nager jusqu’à l’ilot Motu Nui (le plus éloigné sur la photo), à y passer quelques semaines dans des grottes à attendre le retour des colonies de sternes et à être le premier à en rapporter un oeuf sur l’île.

Les participants étaient à n’en pas douter de solides gaillards car les courants sont forts et il fallait pouvoir tenir isolé pendant des semaines avec très peu de nourriture. Ce n’est vraiment pas ma tasse de thé 🙂

Après avoir visité ce site, nous retournons à Tongariki pour voir les moais sous le soleil car il pleuvait la première fois. En route nous voyons des chevaux demi-sauvages qui s’ébattent au bord de l’océan. Puis nous longeons la côte est qui est magnifique, tout cela à notre rythme, en nous arrêtant dès que l’envie nous en prend. Un très beau moment.

Le soir, après avoir rendu la Suzuki, nous dinons en terrasse dans le meilleur restaurant de l’île, dixit TripAdvisor et en effet mon ceviche est absolument parfait et différent de ceux que j’ai pu déguster jusque là. L’ambia,ce est détendue et agréable et le parasol nous protège efficacement de la légère pluie qui commence à tomber.

Le départ

1er avril

L’avion partant dans l’après-midi, nous nous levons tard et, petit déjeuner pris, confions nos valises à l’hôtel pour de dernières ballades. Nous n’avons pas encore visité le musée de l’île et c’est l’occasion de le faire. Allez, encore deux kilomètres à pied, et nous arrivons … pour voir les portes se fermer devant nous. Nous aurions du y penser : il est midi.

Un nouveau kilomètre à pied et nous voilà à la Kaleta, un petit restaurant posé sur les rochers avec vue dur les surfeurs. C’est bon, ambiance bon enfant, un peu de vin du Chili avant de quitter le pays et retour à l’hôtel. Encore un autre kilomètre à pied.

A 16 H le patron de l’hôtel nous enfourne, nos valises et nous, dans son 4×4. Une heure plus tard nous sommes en l’air, partis avec une demi-heure d’avance, tous les passagers étant arrivés tôt. L’avion pour Lima n’est qu’au tiers plein. Je me plonge dans la revue de bord en espagnol ce qui va me faire du bien et au bout d’une heure met en marche une vidéo, Inside Job, consacrée à la crise financière de 2008 et que je vous recommande vivement.

Hasta luego.

Encore des photos, de l’Île de Pâques cette fois

Ces derniers jours ont été consacrés à la mise à jour (et au point) des photos de ce Tour du Monde. Voici celles de l’île de Pâques, bien à leur place comme d’habitude sous l’intitulé « Galeries ».

Viendront ensuite celles du Pérou que nous quittons aujourd’hui pour les déserts du nord Chili, et il y en a de bonnes.

Bonne consultation !

Photos de Nouvelle-Zélande

Comme je dispose aujourd’hui d’une liaison internet correcte, j’en profite pour poster une galerie avec la sélection de mes meilleures photos de Nouvelle-Zélande.

Vous la trouverez à sa place, c’est à dire dans la rubrique « Galeries » avec le sous-titre « Nouvelle-Zélande » 🙂

Bonne consultation.

Rapa Nui (Île de Pâques)

L’ïle de Pâques ! Ah, l’île de Pâques. Bien sûr c’est un passage presque obligé quand on fait un tour du monde par le sud, mais c’est aussi et surtout un rêve, un endroit que l’on a imaginé, fantasmé à la suite de lectures ou de reportages à la télévision. Mais tout ça c’est avant d’y être allé. Après, c’est à la fois pareil et différent.

Certes cette île est belle, mais il y en a certainement de pus belles, beaucoup plus près de chez nous, Lanzarote aux Canaries par exemple.

Certes ses habitants sont accueillants, mais ce n’est pas non plus une caractéristique unique et d’autre peuples le sont plus encore, nous l’avons vérifié lors de notre séjour en Afrique australe.

Certes l’image des moais, ces statues de visages humains impassibles et mystérieux, si difficiles à transporter et à ériger dans des endroits peu accessibles, nous font rêver. Mais il en va de même des pyramides d’Egypte ou du Macchu Picchu où nous étions hier.

Non ce qui je crois explique mieux notre fascination pour cette île, ce qui la rend unique, c’est tout cela à la fois mais en outre quelque chose qui est à la fois objectif et subjectif  et qui tient à son éloignement.

Objectif parce que cette île est sans doute le point du globe le plus éloigné de tout autre endroit habité. Santiago du Chili, Lima ou Papeete sont chacune éloignée d’au moins 3500 km et dans quelque direction que l’on aille, il faut au moins 4 H 1/2 d’avion pour retrouver la « civilisation ». Cela nous fait rêver parce que l’on imagine ces polynésiens préparant le grand voyage, après avoir envoyé des éclaireurs, et partant à plusieurs centaines, femmes, hommes, enfants et animaux, coloniser cette île avec tous les risques attachés à ces expéditions (Combien de naufrages, combien de morts ?). Cet éloignement a une incidence directe sur la vie sur l’île, sur la mentalité de ces habitants, j’y reviendrai.

Mais subjectif également parce que quand on y est, on ressent mentalement cet éloignement : cela contribue à la fascination de  cet endroit et constitue une invitation au voyage intérieur. On vient rarement sur l’île pour 24 ou 48 heures, c’est trop loin et ce serait trop cher. Or la plupart des sites remarquables de l’île peuvent être visités en deux jours. Nous y sommes restés cinq jours. Nous avons donc eu du temps. Et le rythme de la vie sur l’île est lent. Nous avons beaucoup marché, beaucoup rêvé, beaucoup observé l’océan, les vagues, les vieux volcans, les oiseaux, les moais, tout cela sans obligation, sans horaire, sans programme. Cela incite à la flânerie et à la divagation de l’esprit et nous sommes repartis de l’île différents.

Seuls 20.000 voyageurs viennent chaque année sur l’île. Cela risque de rester ainsi longtemps compte tenu de son éloignement et c’est très bien ainsi. Mais à tous les lecteurs de ce blog qui en ont la possibilité mon message est d’essayer de faire partie de cette petite minorité. C’est un endroit qui vaut la peine d’être visité ne serait-ce qu’une fois dans une vie.

Notre arrivée à Rapa Nui

27 mars

Nous quittons Papeete à 00 h 20 et ce sont des retrouvailles avec Lan, la compagnie chilienne que nous avons déjà eu l’occasion d’expérimenter lors de notre voyage en Patagonie. L’avion, qui relie en fait Papeete à Santiago du Chili avec escale à l’Île de Pâques, est quasiment plein. Pendant le diner tardif, je sympathise avec un steward qui a un bon sens de l’humour. Son anglais est mauvais, mon espagnol a besoin d’un bon rodage après trois mois dans des pays anglophones et des cours un peu oubliés (pardon Chelo, ma prof), mais il est vraiment sympathique.

Je dors un tout petit peu car le vol ne dure que 5 heures mais nous atterrissons à 10 H 30 ayant gagné (ou perdu c’est selon) cinq heures. A Mataveri, l’aéroport de l’île, tout le monde descend pour les formalités d’immigration mais la file de ceux qui restent sur place ne compte qu’une vingtaine de personnes un peu paumées. L’endroit donne également l’impression d’être paumé. L’aérogare est basique mais l’officier d’immigration nous souhaite gentiment la bienvenue, les (quelques) valises arrivent vite, sont reniflées par un chien pour vérifier s’il y a des produits organiques, et nous passons tout aussi vite la douane. Nous voici dehors.

Il y a là une vingtaine de personnes qui attendent, la moitié venant essayer de trouver un client pour leur hôtel ou leur chambre d’hôtes, l’autre moitié avec des pancartes portant le nom des nouveaux arrivant. Je repère une pancarte à notre nom. Elle est brandie par un jeune type qui ressemble à la représentation classique de Jésus Christ. Buenos dias. Il ne parle pas ou très peu l’anglais et nous amène vers un vieux 4×4 déglingué ou nous enfournons nos valises. Il nous remet un collier de coquillages en guise de bienvenue. C’est le « collar polinesico ». En effet la Polynésie recouvre toutes les îles situées dans un triangle délimité par la Nouvelle-Zélande, Hawaï et l’île de Pâques avec Tahiti au milieu. On est dedans mais à la marge.

Je lui demande si je peux retirer des espèces à un distributeur et Jésus-Christ me montre celui de l’aérogare. Après avoir essayé plusieurs fois, je comprends que les retraits sont limités à 20.000 pesos soit 30 € et que je vais devoir limiter mes ambitions 🙂 Je réessaye mais le distributeur est vide ! Qu’à cela ne tienne, il y en a quatre sur l’île.

Nous repartons. Parmi les prestations fournies par l’hôtel, outre le collier, il y a la visite de Hanga Roa, la seule agglomération de l’île qui regroupe quasiment toute la population qui est estimée à 5000 habitants en 2011. La piste de l’aéroport est presque en ville, si j’ose dire, et le tour sera vite fait. Nous nous arrêtons à l’unique station-service, genre années 60 en France, mais ce n’est pas pour faire le plein. C’est pour tester le deuxième distributeur : vide aussi !

Nous descendons la rue principale : ça ne fait pas très urbain. Les constructions sont hétéroclites, en briques ou en bois avec des toits en tôle ondulée. Il n’y a que peu de bâtiments qui aient vraiment l’air solide : les deux banques, le bureau de Lan, les écoles et bâtiments administratifs et un hôtel de luxe qui vient d’ouvrir mais est encore en travaux. La rue principale comprend des petites supérettes, une pharmacie plutôt moderne, quelques restaurants dont certains ont l’air évolué et d’autres sont des bouis-bouis. La densité urbaine n’est pas très forte et il y a pas mal de terrains vagues entre les constructions.

Jésus-Christ est un type sympa et très doux. Il se hâte lentement, nous montre tout, surtout les restaurants qu’il trouve bons et pas chers, et nous dépose devant la Banco del Estado où nous ne parvenons toujours pas à retirer un peso. Pour ne pas embêter J-C, nous lui disons que nous irons seuls plus tard au 4ème distributeur, celui de la Banco Santander. Puis J-C nous amène au port qui est minuscule. Mais il y a là une tortue de mer, d’environ 1,5 m de long, au bord de l’eau. Elle ne bouge pas à notre approche et Gaby la caresse. Elle nous raconte que le contraste entre les parties dures et les parties molles de l’animal est saisissant.

Nous arrivons enfin à notre hôtel qui s’appelle Tea Nui et où nous sommes accueillis par Daniela, une chilienne du continent qui a beaucoup bourlingué et qui parle un anglais américain parfait. Elle nous explique tout ce qu’il y a à faire et a voir sur l’île et nous laisse les clés de notre chambre. C’est petit, spartiate, mais il y a l’essentiel : une douche, un petit balcon et un lit pas très grand … et l’internet gratuit.

Ah l’internet ! Tout l’hôtel est relié au monde extérieur par une clé 3G (!) qui pendouille derrière un petit routeur à la réception. La connexion me rappelle furieusement celle de la Namibie avec ses deux vitesses : slow et stop. Ce n’est pas ici que le blog avancera beaucoup !

Pour ce qui est de l’électricité, c’est guère mieux. Les coupures ont deux caractéristiques : elles sont fréquentes et longues et il fait nuit à 18 H 30. Mais cela participe au charme et au mystère de l’endroit et les habitants vivent avec et avec fatalisme.

Nous avons peu dormi alors nous avons mérité de faire une petite sieste. A 17 H, très légèrement requinqués, nous décidons d’aller rendre visite à la Banco Santander où, ô miracle, ma Visa est reconnue et où je peux retirer une petite centaine d’euros (60.000 pesos). Ouf, nous allons pouvoir diner.

A Hanga Roa, il faut marcher beaucoup (à moins de prendre le taxi) car le tissu urbain est très lâche et il y a généralement entre 30 et 40 m entre chaque maison, surtout dans le quartier le l’hôtel qui est Avenida Mont. Au bout de l’avenida, il y a le Pacifique, et les vagues qui s’écrasent sur les rochers sont très hautes (entre 3 et 5 m). Nous apprendrons par la suite qu’elles sont toujours hautes mais qu’aujourd’hui elles le sont plus que d’habitude car il y a eu au Chili continental un séisme de 6,8 sur l’échelle de Richter ….. bla bla bla …. qui occasionne ici un tout petit tsunami.

Au large, face aux modestes bureaux de l’Armada (la marine chilienne,) il y a un croiseur et un hélicoptère fait la noria entre le pont du bateau et le port : ce navire de guerre vient faire ici sa tournée annuelle et l’hélicoptère amène les officiers, 4 par 4, sur le port ou a lieu une petite fête avec les personnalités de l’île. C’est très bon enfant et relax. Seuls les marins portent des cravates.  Ils sont en uniformes blancs.

Nous trouvons un petit restaurant sur le port et commandons chacun un ceviche. C’est le plat le plus répandu le long de la côte pacifique de l’Amérique latine, du Mexique au Chili. Il consiste en petits cubes de poisson cru de 2 cm de côté environ qui ont mariné dans du jus de citron vert, ce qui les a en quelque sorte « cuits », servis avec des légumes et des sauces diverses selon les recettes mais toujours très parfumés. C’est absolument délicieux et il va falloir trouver des recettes (marmiton.org n’en a que quatre) car ce n’est pas le poisson qui manque au Pays-Basque.

Nous rentrons à l’hôtel, fatigués mais heureux, et c’est là que je m’aperçois  …  que j’ai perdu ma carte de crédit Visa !

suite au prochain numéro …

Tahiti … mouais

Dans un de mes premiers posts sur ce blog, j’avais laissé filtrer mon préjugé anti-Tahiti. Bien sûr, comme tous les préjugés, il était sans fondement sérieux si ce n’est les avis d’un certain nombre de mes connaissances qui y avaient soit vécu, soit passé des vacances. Dans une vie antérieure j’avais également travaillé pour la défunte compagnie aérienne UTA qui desservait cette île et mes collègues de l’époque ne tarissaient pas vraiment d »éloges sur la perle du Pacifique.

Ce préjugé m’avait conduit à ne prévoir qu’une escale courte dans cette île, passage obligé vers une autre île, celle de Pâques où je comptais rester plus longtemps puisqu’elle comptait parmi mes fantasmes.

J’avais aussi caressé l’idée, après avoir vu un reportage sur Thalassa, d’inclure dans ce tour du monde une croisière sur lAranui, ce cargo mixte qui relie Tahiti aux îles Marquises, chères à Gauguin et Brel, en y transportant du frêt et quelques touristes. Mais l’idée avait fait pschitt car Gaby n’est pas fanatique des voyages en mer.

Donc, en quittant Auckland le 25 mars vers 17 H, mes sentiments sont partagés. Je ne sais pas vraiment ce qui nous attend à Tahiti mais je sais que ça va être un petit peu compliqué car nous avons réservé l’hôtel pour deux nuits et notre avion pour en repartir est programmé vers minuit le surlendemain de notre arrivée ce qui signifie pour nous rendre notre chambre vers 10 H le matin et trouver à s’occuper pendant une douzaine d’heures.

Mais en enregistrant nos bagages à Auckland au comptoir d’Air Tahiti Nui nous avons notre première surprise, certes prévisible : on s’adresse à nous en français. Cela faisait presque trois mois que cela n’était pas arrivé et cela fait bizarre. Beaucoup de gens dans la salle d’embarquement parlent également notre langue mais ont un physique polynésien. Il va falloir s’y faire.

Dans l’avion on nous sert le meilleur repas aérien que nous ayons connu depuis notre départ, avec du vrai fromage qui sent fort et du vin français. Les hôtesses, polynésiennes, sont charmantes et attentionnées avec ce petit je ne sais quoi qu’on ne trouve pas chez les anglo-saxons.

Nous traversons la ligne de changement de date ce qui fait que, partis le 25 mars à 17 H, nous arriverons le 24 mars vers 22 H 30. Curieux mais important à prendre en compte quand on prépare le voyage.

Comme il fait nuit nous ne voyons rien de notre atterrissage à Faaa, l’aéroport de Papeete. Bien que ce soit un vol international, les formalités sont extrêmement rapides : entre le contact du train d’atterrissage avec le sol et l’insertion de la clé dans notre chambre d’hôtel il s’est passé environ trois quarts d’heure. Un record !

Nous sommes fatigués ce qui ne nous empêche pas de faire deux constatations : premièrement, les gens auxquels nous avons eu à faire, policiers, douaniers, chauffeuse de taxi, réceptionniste, sont tous absolument charmants et deuxièmement il fait chaud et très humide. Je sens déjà que ça va me gâcher le séjour.

L’offre hôtelière à Tahiti n’est pas foisonnante : à part deux à trois palaces hébergeant des touristes très fortunés en route pour Bora Bora, il n’existe que peu d’hôtels de moyen de gamme. En surfant sur le net pour recueillir des avis, j’ai fait une réservation au Méridien local qui est en fait un des moins chers des hôtels corrects, très loin de l’image de luxe associée à la marque. Notre chambre est grande et décorée avec goût mais plein de petits détails clochent. Le reste de l’hôtel est à l’avenant. Mais ce qui en fait le charme, c’est sa localisation ou plutôt la vue qu’on découvre au matin, en tirant les rideaux.

Le lagon qu’on aperçoit dans toutes les pubs est là, bien là, et c’est vraiment superbe. Au fond se détache l’île de Mooréa avec ses montagnes très escarpées. L’hôtel a de beaux jardins avec une piscine à fond de sable.

Voilà pour le côté enchanteur. Dès qu’on regarde un peu plus loin, on tombe de haut. C’est vraiment cra-cra : des baraques avec des toits en tôle ondulée, des épaves de voiture sous les cocotiers, et des constructions sans charme coincées entre la mer et la montagne.

Notre première journée se passe à buller : pas d’internet à prix décent pour faire avancer le blog, chaleur accablante qui empêche toute activité physique et qui constitue une bonne excuse pour se reposer un peu des kilomètres parcourus en Nouvelle-Zélande, visite au supermarché du coin, cra-cra lui aussi, où nous constatons avec effarement que les prix sont vraiment très supérieurs à ceux de métropole. Mais partout nous croisons des regards chaleureux et des visages souriants.

Pour notre deuxième, et dernier jour, à Tahiti, après avoir déposé nos valises et déjeuné dans un petit boui-boui local, nous avons pris rendez-vous avec William qui possède un mini-bus climatisé et qui se propose de nous faire faire le tour de l’île en compagnie de deux australiens et de deux jeunes allemandes. Il y en a pour environ 4 H 1/2.

Nous quittons donc l’hôtel en direction du sud-est et mon impression se confirme : les 180.000 habitants de l’île sont soit à Papeete, soit coincés dans une étroite bande de terre qui s’étend entre le Pacifique et la montagne, des deux côtés de la route côtière. Il y donc beaucoup de circulation et un urbanisme pour le moins débridé. Sous les cocotiers omniprésents, c’est moche, à part les églises, assez nombreuses, qui sont coquettes pour ne pas dire pimpantes.

Nous nous arrêtons une heure au musée Gauguin. C’est un endroit très agréable, en bord de lagon, qui à défaut d’abriter de nombreuses oeuvres de l’artiste retrace bien sa vie et sa carrière un peu tourmentée et présente de nombreuses reproductions.

En discutant un peu avec les jeunes allemandes qui nous accompagnent et qui ont déjà passé plusieurs semaines dans les îles, nous avons la confirmation de ce que nous subodorions : Tahiti n’est pas la meilleure vitrine de la Polynésie Française et le voyageur bien conseillé ne doit la considérer que comme un point d’entrée vers les îles.

Après le musée, nous continuons notre tour de l’île en filant vers la côte est et en laissant de côté, faute de temps, la presqu’île de Tahiti Iti. Le paysage s’améliore au fur et à mesure que la densité des constructions diminue. Nous nous arrêtons quelques moments aux Trois Cascades nichées dans la végétation tropicale, au Trou du Souffleur, sorte de cavité sous la falaise côtière où les vagues s’engouffrent pour en ressortir violemment, et à la Pointe Vénus avec sa plage de sable noir.

Il est maintenant 18 H et la nuit tombe. Nous rejoignons l’hôtel pur récupérer nos valises et partons pour l’aéroport où nous allons devoir attendre quelques heures dans la moiteur tropicale. En effet, l’aérogare n’est pas fermée et donne directement sur le trottoir ce qui interdit d’installer la climatisation sauf à faire de gros travaux. Nous ne pouvons pas nous débarrasser de nos derniers francs pacifique dans les boutiques qui sont presque toutes fermées sauf celles qui vendent des bijoux à perle noire. Trop cher pour nos quelques pièces !

0 H 20, nous sommes dans l’avion de Lan Chile qui nous emporte vers Rapa Nui, l’île de Pâques.

Auckland

Ce n’est pas une blague ! Nous sommes le premier avril, du moins ici, à l’île de Pâques où nous préparons à prendre l’avion pour Lima, après y avoir passé cinq jours, et où les gens vivent pour beaucoup de la pêche (et du tourisme). Mais non, ce n’est pas un poisson d’avril : je vais vous parler d’Auckland, en Nouvelle-Zélande, que nous avons quittée il y a maintenant une semaine.

Mea culpa, mea magna culpa, mea maxima culpa (vieux restes de latin :-)) : ce blog dispose d’un rythme propre, le mien en l’occurrence, celui d’un voyageur occupé à voyager et tributaire pour sa mise à jour d’impondérables qu’il ne maîtrise pas complètement à part sa nonchalance : pannes de courant à répétition sur cette île (une partie de son charme), internet, ce fil ténu de la communication, dépendant du contact d’une vielle clé 3G avec un routeur hors d’âge, photos à traiter et ce n’est pas de la tarte, SAV pour le blog de Gaby qui lui est plus à jour, autres priorités. En un mot je suis très en retard et vous prie de m’en excuser.

Auckland

23 à 25 mars

Nous quittons donc Rotorua pour Auckland, notre dernière étape en Nouvelle-Zélande. Nous allons enfin pouvoir découvrir la composante urbaine de ce pays puisque Auckland et sa banlieue, avec leur 1,5 M habitants, représentent un tiers de la population du pays à défaut d’en être la capitale.

Nous avons un peu plus de trois heures de route à parcourir à partir de Rotorua et ses odeurs envoutantes 🙂 et cela se passe dans une campagne verdoyante, beaucoup moins spectaculaire que celle de l’Île du Sud mais non dénuée de charme et de bizarreries. Je m’explique : comme vous le savez ce pays est sur une faille entre deux plaques tectoniques et subit des tremblements de terre quotidiens quoique généralement de faible ampleur. Il y a également eu dans le passé une forte activité volcanique. Cela se traduit sur la route que nous suivons par un relief curieux. Le paysage est ponctué de collines plus ou moins en forme de demi-sphère d’une hauteur d’une trentaine de mètres et ayant un diamètre de 50 à 100 m. Ces collines sont très proches les unes des autres et couvertes de prairies que broutent, telles des bahuts, des cohortes de vaches noires et blanches.

On nous a briefés : il faut éviter de traverser Hamilton et ses embouteillages légendaires 🙂 Heureusement, comme dans tout pays civilisé il y a pour cela un itinéraire bis (la route 1B en l’occurrence). Cet itinéraire n’est pas supposé nous faire gagner du temps mais épargner nos nerfs bien que je ne sois pas vraiment persuadé du caractère insupportable des bouchons kiwis. Mais cela nous permet de découvrir une Nouvelle-Zélande un peu plus peuplée, agricole et plutôt agréable.

Tout à coup, c’est le choc : une autoroute ! Nous sommes à 80 km d’Auckland et la civilisation urbaine nous prend à la gorge. Non pas que la circulation soit intense, loin s’en faut, mais il y a bien quatre voies avec une séparation au milieu. Nous nous approchons de la grande ville et nous appréhendons de nous retrouver au volant, dans une grande ville inconnue, à devoir chercher notre hôtel qui est en plein centre.

Quelle blague : c’est d’une simplicité biblique. D’abord tout est très bien indiqué, ensuite les conducteurs locaux sont d’une courtoisie totale et enfin la circulation est une franche rigolade. La fluidité même. J’essaye d’imaginer un conducteur néo-zélandais cherchant son hôtel parisien au volant de sa voiture de location et n’échangerais pour rien au monde sa place pour la mienne.

Nous avons réservé une studette dans Beach Street qui est à 5 mn à pied du centre ville et du port qui en l’occurrence se confondent presque. Mais pour une raison inconnue, peut-être parce que y passerons deux nuits, l’hôtel nous a surclassés et nous héritons d’un 2 pièces. La classe ! C’est propre, moderne et il y a un Countdown (supermarché local) à 1 mn à pied.

Le seul hic c’est le tarif prohibitif de l’internet : 1$ pou 10 méga-octets. D’abord je n’ai aucune idée de ce que représente cette consommation habitué que je suis à notre illimité français et ensuite je ne supporte pas l’idée de payer l’accès à l’internet dans un hôtel. En 2012, c’est comme s’ils facturaient l’eau et l’électricité. Heureusement, je trouve, en m’approchant de la fenêtre, une connexion libre venant d’un immeuble voisin ce qui me promettra de consulter les mails et d’envoyer mon précédent billet sur ce blog.

J’étais déjà venu quelques jours à Auckland en 1968 alors que je faisais un stage chez UTA, la défunte compagnie européenne, et j’étais curieux de savoir si la ville avait changé. J’avais gardé le souvenir d’une ville vieillotte, grise et pluvieuse (c’était pendant l’hiver austral) avec des immeubles au style victorien.

Quel contraste avec le Auckland d’aujourd’hui : c’est d’abord une ville très bien située, au bord d’une baie pleine d’îles reliées au port principal par une nuée de ferries faisant des allers et retours permanents. Malgré sa taille, aucun des habitants ne se trouve à plus d’une demie heure de voiture d’une plage.

Ensuite son climat est agréable, assez proche d’un climat méditerranéen en peut-être un peu plus humide et venteux mais très doux. Connaissant le caractère très sportif des locaux, vous imaginez sans difficulté que la baie est remplie de voiliers à la différence de ce que j’avais constaté à Queenstown.

Mais ce qui est frappant à Auckland, c’est l’irruption de la modernité. Non pas que les immeubles victoriens aient tous disparu, loin de là, mais beaucoup ont été remplacés par des buildings modernes et la juxtaposition de ces deux styles donnent des résultats parfois inattendus.

Autre changement depuis ma première visite : les habitants. En 1968 j’avais eu affaire à des anglais ou des descendants d’anglais qui parlaient de l’Angleterre en disant « home ». Aujourd’hui, la ville est bigarrée. Il y a bien sûr les maoris qui étaient là avant les anglais et qui sont concentrés dans cette région. Mais on ne les distingue pas trop des immigrants venus des îles du Pacifique : Tonga, Fidji, Cook ou même Tahiti … Par contre, il y a un nombre absolument impressionnant d’asiatiques : chinois; thaïs, coréens, indonésiens, japonais, et tout ce petit monde a l’air parfaitement intégré. L’influence britannique a fortement reculé (c’est si loin !) pour être en partie remplacée par une influence américaine  et une influence asiatique. Ce petit monde a l’air décontracté, peu stressé et beaucoup moins guindé que mes anglais de 1968 !

Je pense que le niveau de vie et les prix peuvent se comparer avec ceux que nous connaissons en France et sont moins élevés que chez les voisins d’Australie. Auckland a été à plusieurs reprises classée parmi les villes les plus agréables à vivre au monde mais il est vrai que ces classements sont généralement réalisés par des médias anglo-saxons qui mettent moins l’accent que nous, latins, sur la culture et la vie sociale, et plus sur un environnement favorable au business.

Il y un truc que je n’avais jamais vu avant où que ce soit (je n’ai sans doute pas assez voyagé !) : aux grands carrefours du centre-ville qui sont à angle droit, il existe comme partout ailleurs des feux tricolores. Mais à un moment donné, les quatre feux passent au rouge simultanément pour toutes les voitures et au vert pour tous les piétons ce qui fait que ces derniers traversent dans tous les sens et même en diagonale ce qui est déroutant quand on voit ça pour la première fois. La deuxième, on essaye de faire une photo.

Voici venu le moment de quitter les antipodes ou presque si j’en crois le site intéressant Antipodemap. Notre avion doit nous mener à Tahiti mais il part que vers 17 H ce qui aura pour effet de nous voir partir le 27 mars pour arriver en Polynésie Française la veille, le 26 mars, vers 22 H. Ça fait un curieux effet de traverser la ligne de changement de jour !

En attendant, nous avons quelques heures à passer ici et après avoir consulté plusieurs sites internet avons conclu que ce qui serait sans doute le plus intéressant à faire vu que nous sommes dimanche et que presque tout est fermé, c’est d’aller faire un tour en haut du Mont Eden, point culminant d’Auckland (300 m)  et  ancien volcan doté d’un cratère, d’où nous aurons une belle vue sur la ville.

Nous voilà partis. Le problème est que nous n’avons pas de carte à la bonne échelle et le Mont Eden est bigrement difficile à trouver. Après avoir interrogé pas mal de monde, nous finissons par trouver le centre commercial du Mont Eden où l’on nous indique le sentier qui monte en haut. C’est une bonne grimpette qui n’a rien de véritablement sportif mais nous ne sommes pas équipés, étant en tenue de ville.

Nous parvenons en haut, en nage, pour constater que la plupart des personnes qui sont au sommet sont arrivées en voiture par l’autre côté de la colline. Qu’à cela ne tienne, la vue est belle, il fait assez beau bien que le vent souffle fort et on embrasse tout le site d’Auckland qui est large et insoupçonné de nous qui étions cantonnés en centre ville. Pour ma fille Cécile et tous les amateurs de rugby, je mets la photo de l’Eden Park, qui a vu and de fois notre quinze succomber, tel qu’il est vu du mont éponyme.

Et maintenant nous avons rendez-vous avec Air Tahiti Nui et, nous l’espérons, un plateau repas français avec du vrai fromage 🙂

Bye bye Kiwiland.